Pensées profondes et autres mouvements du monde…

Quelques extraits d’ «Illimani» qui donnent à penser, à méditer, ou tout simplement à ressentir les mouvements de notre monde…

© crédit photos : twiga269 ॐ FEMEN – Flickr – 2009

D’une manière ou d’une autre, Illimani a toujours le dernier mot. Il décide de nos destins, car dans le plan de sa création, l’Homme n’a pas été prévu. Sur Illimani, l’être Humain n’est pas le Maître, il n’est qu’un accident.

Ici, je me sens libre, je me sens intégré, à ma place. Quand mon regard s’attache à Illimani, je sens que cette montagne veille sur moi. Illimani m’ouvre au monde. Il me fascine et m’attire à lui, inexorablement. Il m’apporte cette lumière du monde que j’attendais inconsciemment depuis toujours.

Toute l’abjection de notre humanité aujourd’hui vient essentiellement de ce triste constat : l’Homme ne recherche que la puissance et la domination. À cause de son arrogance aveugle, il n’a pas encore compris que la Nature est maître du Monde, et ensuite seulement vient l’Homme.

Il y a parfois des vérités qui ne cachent rien, pas même le souffle imperceptible du vent sur les longues plaines de l’Altiplano.

Les certitudes, comme le hasard, ne sont que pures inventions de l’Homme pour assouvir son besoin irrépressible de puissance. À l’inverse, lorsque le doute irrigue notre coeur, alors l’humilité de nos sens nous guide sur des chemins nouveaux que la brutalité de nos certitudes n’aurait même pas soupçonnés.

© crédit photo : Mark Rowland 2009 – Flickr.

© crédit photo : Elvert Barnes 2005 – Flickr.

© crédit photo : Matito 2005 – Flickr.

En écoutant ce groupe jouer du charango et du siku, j’ai senti que mon âme prenait son envol vers le royaume du condor. Ces mélodies aériennes me rattachent à ma passion de la montagne.

Nous formons tous une chaîne unique dans ce monde terrestre, chacun de nous est un maillon de la chaîne, mais un maillon indispensable. Nous sommes liés les uns aux autres, mais nous sommes liés aussi à la nature, aux animaux, aux dieux, à la Pachamama.

Les chrétiens croient en un Dieu créateur invisible, à qui il faudrait implorer le pardon de ses péchés pour espérer aller au paradis. Sans vouloir offenser, c’est une aberration.

Les Aymaras savent écouter et observer la nature. Il faut observer les montagnes et être comme elles, fortes. On doit aussi écouter et observer les fleuves et être comme eux, transparents. Il faut respecter et honorer les anciens pour devenir comme eux, riches de connaissance et de sagesse. On doit bannir l’individualisme et apprendre la solidarité, la fraternité, pour être en harmonie avec soi-même et avec la Terre, les plantes et les animaux, tout ce qui compose notre Terre nourricère. Et pour cela, nul besoin de politique ni de religion, il suffit juste d’un grand coeur.

Taquipuniw aka pachanx mayaki» (proverbe aymara) : Tout en ce monde est unique réalité.

Ama sua, ama llulla, ama quella (ne vole pas, ne mens pas, ne sois pas faible). (Devise inca)

© crédit photo : Pedro Szekely 2007 – Flickr.

© crédit photo : M-Thérèse Hébert & Jean-Robert Thibault 2013 – Flickr.

Dans la culture aymara, le passé est devant soi, car ce qui a été vécu est connu, alors que le futur qui est inconnu est forcément derrière soi.

C’est exactement ce que nous, Aymaras, ne comprenons pas chez les Occidentaux : la dictature de la jeunesse qui croit tout savoir et qui pourtant a tout à apprendre.

Qu’on le veuille ou non, nous sommes partie prenante d’un monde où tout est relié : le monde céleste où vivent les dieux et les âmes, le monde terrestre composé de la nature, des animaux et de l’Homme, et le monde du dessous où reposent les morts et les êtres à venir. Trois mondes coexistant où vient s’inscrire dans une logique inaltérable la table du destin ultime.

En Europe, votre conception de la mort est totalement différente de la nôtre. Ici, quand un des nôtres meurt, il demeure présent au sein de la communauté et son souvenir persiste continuellement. C’est un sentiment de joie qui honore son souvenir, jamais un sentiment de tristesse.

Laisse le vent tranquille. C’est la montagne qui respire pour nous.

En montagne tout est vrai, sincère, authentique. On se met à nu, on se livre, on se donne. La solidarité est réelle immédiate et totale, parce qu’elle est vitale.

On ne peut présager de rien. Le soleil se lève pour tout le monde.

Ton père avait pour lui la sagesse des dieux, il rayonnait, c’est vrai. Mais ta mère est quelqu’un de l’intérieur. Sa lumière ne se voit pas, certes, mais elle existe ; elle est enfouie, immensément, profondément enfouie. C’est la seule différence.

Il y a parfois des secrets ensevelis si profondément dans nos âmes qu’ils ne nous appartiennent plus tout à fait. Des secrets inviolables dont nul ne peut espérer percer le mystère.

© No Copyright

Je vous dis que je gravirai cette montagne ! Et s’il le faut, j’y monterai à genoux, les pieds et les mains en sang, vous comprenez oui ou non ?

Je me mets à ramper comme une forcenée. Rien ne peut m’arrêter, ni mes douleurs à l’épaule, ni mes pauvres jambes ankylosées, ni ma chair stigmatisée par le froid, ni mes mains engourdies qui s’accrochent au glacier à chaque coudée, ni mon mal de tête qui cogne dans mon crâne comme un marteau sur l’enclume de mon coeur.

Mais je ne renoncerai pas, Solo est avec moi, si présent, si fort et généreux à la fois. Et plus nous avançons, plus je découvre en mon garçon un merveilleux guide. Il m’insuffle sa force, l’énergie de vaincre, et chaque pas devient pour moi une victoire sur le renoncement.

Je suis certes arrivée ici en rampant, mais c’est debout qu’Illimani me verra repartir !

Image par Nathan De Cock de Pixabay

Image par Gustavo Rios de Pixabay

Va, cours, vole. Suis ta voie, Solo. Comme tu l’as toujours fait, finalement. Et ne me remercie pas. Je crois que c’est aussi mon enfance qui ne veut pas mourir.

Le sens que l’on donne à sa vie, se construit petit à petit, depuis l’enfance.

C’est seulement à l’aube que j’ai compris toute la profondeur et la signification de son amour pour nous. Mon enfance, tout comme la tienne, ne voulait pas mourir, alors j’ai enfin accepté de te laisser prendre ton envol, comme un condor des Andes qui décide de se donner au monde.

J’entends dans ce coeur l’écho d’une tristesse qui suit le tracé de cette blessure qui ne cicatrise pas. C’est vrai, une fissure, ça reste quelque chose de marqué, mais il ne faut pas la voir comme une séparation entre deux parties, entre deux mondes, entre deux coeurs, le tien et le mien.

J’aspirais à une sorte d’exaltation, probablement pour dépasser mes limites, et peut-être enfin tourner la page de mes cruelles désillusions. Je crois que tout cela avait quelque chose à voir avec mon coeur, avec ce que je ressentais au fond de moi. Il me fallait cela, maman. Un peu comme dans la chanson de Brel, cette inaccessible étoile qu’il faut atteindre, mais qui est inatteignable.

Mais en réalité, notre vie et notre coeur sont bourrés d’imperfections que l’on cherche en permanence à corriger, sans ne jamais y parvenir tout à fait.

La vie est un carrousel dont on ne descend jamais.

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