En préparation…
Août 1555, Nostradamus arrive à Paris à la demande du roi Henri II et de Catherine de Médicis. Alors qu’il séjourne à l’auberge Saint-Michel, son fameux plateau d’argent indispensable à l’élaboration de ses prédictions, disparaît mystérieusement à la veille de sa rencontre avec la reine à qui il doit établir l’horoscope de ses trois fils.
De prophéties en faits réels, Christian de Nozac, comte de la Griselière d’Arbois, chargé de l’enquête par l’illustre astrologue, dispose de douze jours pour retrouver l’objet de toutes les convoitises.
Un roman baroque composé dans l’esprit de l’époque, uniquement écrit avec des mots attestés XVIe s. ou antérieur. Sauf grave erreur de ma part, vous n’y trouverez donc aucune expression spécifiquement contemporaine ! (voir exemple dans l’extrait en fin d’article).

Contrairement à mes autres romans qui pour la plupart sont des pavés de 700 pages, celui-ci sera probablement très court (moins de 300 pages… un véritable exploit !)
L’intrigue se déroule entre juillet et septembre 1555… (à peine deux mois… On est donc loin des sagas habituelles !) et nous plonge dans les mystères et les intrigues à la Cour de France, où Catherine de Médicis, Diane de Poitiers et bien d’autres personnages rivalisent d’audace et de virtuosité pour élaborer/ou déjouer des stratagèmes qui pourraient mettre en péril la couronne de France.
Extrait :
Dans cet extrait, le comte de Guysnes négocie avec M. de Fondel afin d’engager ce dernier dans l’affaire du vol du Plateau d’argent de Nostradamus.
…
En aucune manière Fondel ne se laissa paraître ébranlé, au contraire. Il posa devant lui sur la table sa sacoche de cuir, et planta son regard malicieux dans les yeux de celui qui tentait vainement de le régenter :
— De Guysnes, vous savez bien qu’en toute médaille un des envers se voit moins vilain.
— Eh bien, c’est justement cet envers-là que je vous souhaite recommander.
— Pour quelle affaire ?
— Une de très haute futaie.
— Puis encore ?
— Un mage qu’il vous faudra détrousser.
— N’est-ce que cela ?
— L’action sera aisée, mais le personnage est de taille.
— Il n’y a point de hauteur que je ne peux atteindre. Quel est-il ce quidam ?
— Le sieur Nostradamus, le tenez-vous pour connu ?
— Ce faiseur d’almanachs à qui, dit-on, la reine fait montre de profondes déférences ?
— Celui-ci, précisément. Il sera à Paris dans le cours du mois d’août.
— Et qu’aurais-je à accomplir ?
— Il viendra avec un objet qui devra lui être dérobé dès son arrivée.
— Par mes soins, si je présume…
— Vos très bons soins, Monsieur de Fondel, car en cela vos aisances sont redoutables.
— Et sur quel objet devrai-je opérer ?
— Il est un peu tôt pour vous le narrer, hésita de Guysnes.
— Eh bien, plus tard, ne sera que trop tard, rétorqua M. de Fondel en se redressant afin de clore la réflexion.
— Fort clair, fort clair ! Puisque vous impatientez, voici l’indice : il s’agira d’un plateau en argent. Tudieu, non point d’un ! mais du plateau d’argent de Nostradamus !
— Eh bien, où en est le mérite ?
— Aucun, s’il en est. Il faudra simplement vous en emparer et nous le remettre à main propre.
Monsieur de Fondel se dispersa quelques instants en réflexion, puis vint le temps de débattre enfin des conditions.
— Vingt-cinq écus d’or vous seront alloués pour vos bons appoints, lui indiqua de Guysnes, sans qu’il lui paraisse utile d’en parlementer la somme.
— 25 écus ! Vous galéjez ? s’étrangla Fondel.
— Hein, quoi ? Qu’est-ce donc qui vous estouffe ?
— La sauce en vaut mieux que le poisson. 50 écus et pas un de moins !
— Diantre, mais vous extravaguez !
— Vous récalcitrez ? Alors ce sera 60 écus d’or.
— Tudieu ! Vous augmentez encor ?
— Voyez-vous, à chacune de vos réticences les gages enfleront d’un légitime orgueil… et nous en sommes maintenant à 100 écus d’or.
— Cent écus !
— Et même cent cinquante si vous daignez persister…
— Cent écus et pas un de plus ! accepta vitement de Guysnes pour achever la farce.
Satisfait, M. de Fondel fouilla d’une main méticuleuse dans sa sacoche d’écriture, afin d’en extirper un vierge parchemin. Puis, il saisit sa longue plume et coucha sur le papier l’accord qu’ils venaient présentement d’assigner.
— Voici les termes de notre entente, dit-il en s’approchant du comte. Cent écus d’or, et afin de nous y sceller solidement, je vous requiers d’y apposer ci-bas votre aval formel.
Affecté d’une grimace cynique, de Guysnes prit la plume et traça sèchement sur le parchemin le paraphe garant de son agrément.

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